Pourquoi les diètes sont inefficaces à long terme

Il y a plusieurs raisons qui expliquent pourquoi les diètes (régimes, produits amaigrissants, etc.) ne fonctionnent pas à long terme. Commençons d’abord par le fait que nous sommes tous uniques. Vous êtes d’accord avec moi? Différents facteurs nous façonnent pour créer qui nous sommes, ils sont biologiques, psychologiques et sociaux. Ce qui fait aussi que chacun d’entre nous vit dans des contextes de vie différents. Le problème derrière les diètes, c’est qu’ils ne prennent pas du tout en compte toute cette complexité de votre être ni de votre situation passée et actuelle. On tente d’appliquer la même méthode pour tout le monde sans prendre en compte le contexte de vie dans lequel vous êtes. À ce que je sache, nous ne sommes pas des robots identiques faits à la chaîne tous utilisés aux mêmes fins.

Le point commun de toutes ces méthodes de perte de poids, c’est la restriction par exemple on coupe certains types d’aliments, on contrôle les portions que vous mangez, on saute des repas ou on les replace par des “shakes” aux vertus miraculeuses, etc. Peu importe la méthode, on le fait pour créer un déficit énergétique (en gros, vous ne consommez pas assez de nourriture pour combler vos besoins). Heureusement ou non, notre corps résiste à ces restrictions plutôt draconiennes. Votre corps ignore si vous faites ces démarches sur une base volontaire ou non, et il entre dans un état de «survie», un peu comme si vous viviez une période de famine : il le fait pour vous protéger. Dès qu’il a accès à plus de nourriture, il fait ses «réserves» pour les périodes de famine qui pourraient se présenter à nouveau. Plus la diète sera sévère, plus les répercussions sur le corps pourraient être importantes.

Pas étonnant que 85% à 95% des gens qui ont recours à des méthodes d’amaigrissement retrouvent leur poids perdu et en gagnent même parfois davantage, dans les 5 années qui suivent leur diète.¹ Ce qui est communément appelé, le syndrome du yo-yo, on passe par toutes ces étapes pour ensuite retourner à l’étape 1 :

Source: monÉquilibre.ca

Ce qui peut expliquer aussi la statistique précédente, le fait que l’on interdit certains types d’aliments, ils peuvent en devenir une obsession. Dès que l’occasion se présente pour en manger, c’est la surconsommation de nourriture qui peut être au rendez-vous, comme si c’était la dernière fois que vous pourriez en manger. D’ailleurs, les personnes qui ont l’habitude de bien manger au courant de la semaine et qui se réserve le week-end pour «cheater» sont à risques : en se restreignant de manger ce que l’on désire, on en abuse la fois venue. Pensez-y, les fins de semaine composent 104 jours dans une année (365 jours, je rappelle), soit presque 1 journée sur 3 dans l’année où l’excès pourrait être présent². Dans cette perspective, on peut réaliser que cette stratégie pour “perdre du poids” n’est peut-être pas la meilleure option.

Une autre raison pour laquelle l’efficacité des diètes est discutable, c’est le fait qu’une portion d’un aliment ne convient pas à l’ensemble des individus. Se faire dicter les quantités de nourriture à ingérer, ce n’est pas une manière de respecter ses propres besoins physiologiques. C’est même la raison pour laquelle j’utilise le Guide alimentaire canadien actuel comme un outil pour évaluer la variété d’aliments consommée chez un individu, et non la quantité recommandée. Comme j’affirmais plus haut, il y a plusieurs facteurs en prendre en cause pour évaluer les besoins d’un individu. S’imaginer que tout le monde a besoin de la même quantité, c’est totalement irréaliste. Et pourtant, les plans alimentaires de toutes sortes polluent l’internet de jour en jour…

Un autre point important, il se peut que la problématique autour du poids d’un individu ne soit pas strictement alimentaire. J’ai parlé au tout début de différents facteurs qui nous façonnent… et c’est aussi des raisons qui peuvent expliquer l’excès de poids chez un individu, voici quelques exemples (qui ne sont pas pris en compte dans la très grande majorité des méthodes amaigrissantes):

  • Biologique : Perturbation métabolique associée à l’arrêt du tabac et au syndrome du yoyo, hérédité, hormones, maladie, sexe, âge, ethnie
  • Socioculturels : Type de travail, environnement, encouragements et pressions des autres, statut socioéconomique, dynamique familiale, préoccupation à l’égard du poids des parents
  • Personnels : Difficulté à s’exprimer, faible estime et affirmation de soi, perfectionnisme, anxiété, stress, bénéfices secondaires à l’obésité
  • Habitudes : Habitudes alimentaires et d’activités physiques

Finalement, nous pouvons affirmer que les diètes amaigrissantes sont vouées à l’échec simplement, car elles ne prennent pas en compte la complexité du problème autour du poids. Si c’était SI simple de perdre ET maintenir notre poids, il n’y aurait certainement aucune personne obèse ou en surplus de poids dans ce monde. Et ça, ce n’est pas le cas. Ce n’est pas nous le problème, mais la méthode.


Références:

¹ Équilibre.ca, 2017, Formation continue «Poids et image corporelle : mieux comprendre pour intervenir»

² Tribole E, Resch E. Intuitive eating: A revolutionary program that Works (3rd ed.). New York: St. Martin’s Press; 2012

 

 

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