L’influence du stress sur notre alimentation (partie 2)

Dans la partie 1, nous avons vu que le stress peut avoir plusieurs impacts sur l’alimentation et notre santé. Aujourd’hui, je vous propose les sources de stress selon Sonia Lupien et des stratégies pour les reconnaître via des signaux physiques et psychologiques.

Ce qu’il faut comprendre en premier lieu, sans le stress, il n’y aurait plus aucun humain sur terre. C’est grâce à lui que nous sommes là, nous avons pu réagir rapidement à des situations qui menaçaient notre survie. Même si on ne vit plus à l’époque des mammouths, le corps garde le même système de « survie ». Notre vie n’est plus menacée chaque jour par des bêtes qui pourraient nous tuer en un clin d’oeil, mais il réagit de la même façon à nos situations modernes.

Les 4 sources de stress

Selon Sonia Lupien, la Directrice du Centre d’études sur le stress humain et professeur titulaire au Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, il existerait 4 sortes de sources de stress, on peut s’en souvenir avec un acronyme fort simple, C.I.N.É.

  1. Contrôle : Vous avez l’impression de ne pas avoir le contrôle d’une situation
  2. Imprévisibilité : La situation doit avoir un caractère imprévu ou imprévisible pour vous
  3. Nouveauté : La situation est nouvelle pour vous
  4. Égo menacé : La situation doit être menaçante pour votre égo (ce qui caractérise votre personnalité par rapport à celle des autres)

Selon cette dernière, chaque situation stressante serait reliée à l’une de ses sources.  Certaines personnes penseront que c’est le temps qui est une source de stress non négligeable, il fait pression sur eux chaque jour; mais en y pensant bien, c’est l’impression de perte de contrôle sur notre temps le problème. D’ailleurs, l’importance de distinguer l’impression et la réalité sur la notion de contrôle est intéressante. Nous avons tous une perception différente de ce qu’est réellement une perte de contrôle. À elle seule, l’impression (notre perception) de perdre le contrôle est suffisante pour la création d’hormones de stress; même si en réalité, il n’y a pas une réelle perte de contrôle.

Source : Giphy

Elle distinct aussi 2 types de stress, l’un où le cerveau n’analyse pas une situation selon les 4 critères vus précédemment pour une notion de survie (stress absolu) et un autre type où il le fait (stress relatif). Le stress absolu serait une réponse « de survie », par exemple si vous vivez dans un immeuble à logement et qu’un voisin cogne en criant « AU FEU!!! », vous ne commencerez pas à analyser la situation selon les 4 critères pour déterminer si elle vous menace. Dans cet article, on se penche plutôt d’un stress relatif où le cerveau a le temps d’analyser une situation, car il n’est pas dans un état de survie immédiat.

En gardant en tête ces 4 origines du stress, nous pouvons regarder une situation stressante pour nous et décortiquer les éléments que notre cerveau perçoit comme une menace. Vous pouvez avoir certaines caractéristiques qui sont plus dérangeantes que d’autres, par exemple vous gérez mieux la nouveauté que l’imprévisibilité. À noter que plusieurs personnes peuvent être stressées par la même situation pour des raisons complètement différentes, ou ne pas être stressée du tout.

Savoir reconnaître lorsqu’on est stressé

Source : American Psychological Association

Étant donné que nous ne pourrons jamais éradiquer les agents stresseurs de nos vies, nous avons tous intérêt à découvrir ce que notre cerveau perçoit le plus souvent comme une menace et faire en sorte de diminuer les impacts d’un stress chronique probable. D’abord, il faut reconnaître les signes que le corps nous envoie.

En premier lieu, le stress sera de forme aigüe : votre rythme cardiaque accélère, la respiration s’approfondit et plus rapide, vos sens deviennent plus aiguisés (pupilles dilatées pour mieux voir, poils dressés, sécrétion d’endorphines pour vous garder plus concentré et atténue la douleur si vous vous blessez), la digestion est interrompue (votre bouche devient sèche, le système digestif devient plus lent, etc.), modification de la peau (sueur comme les mains moites, vaisseaux sanguins se resserrent pour éviter des saignements importants si vous vous blessez) et le système reproducteur arrête (l’ovulation est interrompue, la production d’hormones est ralentie). Bref, vous êtes dans un état d’hypervigilance, prêt à rugir et bondir.

Source : Reader’s Digest

Si vous restez dans cet état sans délivrer toute cette énergie mobilisée, c’est le stress chronique qui débute. Vous commencerez à souffrir de brulement d’estomac, de la constipation ou encore de la diarrhée. Au niveau psychologique, vous pourriez vivre de la détresse émotionnelle (irritabilité, ressentiment, colère, anxiété, dépression) et des problèmes musculaires comme des maux de dos ou encore des céphalées de tension (maux de tête).

Si la situation stressante est toujours présente, vous avez l’impression que tout arrive en même temps et que les agents stressants se multiplient (rappelez-vous de l’état d’hypervigilance, toujours présent à ce jour!). Vous pouvez vous sentir vraiment irritable (un rien vous fait péter un plomb), surchargé (sentiment de poids sur les épaules), anxieux et tendu, votre mémoire vous fait défaut, vous souffrez d’insomnie (le petit hamster qui roule), vous êtes souvent malade, etc. En conséquence, le cerveau peut demander un peu de repos et parfois, ce sont l’alcool, les drogues ou encore la nourriture riche en gras/sucre/sel qui peuvent être utilisés comme stratégie.

«Je suis toujours super zen!» Source : Giphy

Si le tout persiste, notre personnalité change et notre capacité de jugement est altérée. C’est l’insomnie, les maladies cardiaques, la dépression ou encore l’épuisement professionnel qui nous attend. À ce point, une visite chez un/des professionnel(s) de la santé peut être une façon de vous soulager (probablement avec des médicaments, un arrêt de travail, des séances de psychothérapie, de physiothérapie, etc).

Vous conviendrez comme moi que personne n’a envie de se rendre à ce point. C’est pourquoi il est important de bien s’écouter et de faire confiance à notre corps. Maintenant que vous connaissez des pistes pour trouver vos sources de stress et que vous êtes au fait de certains signes physiologiques et psychologiques du stress… Comment peut-on gérer le tout efficacement sans se rendre au fond du tonneau? Je vous invite à lire la partie 3!

 

Partie 1 | Partie 2 | Partie 3


RÉFÉRENCES

LUPIEN Sonia, Par amour du stress, Editions au Carré, 2010

Centre d’Étude sur le Stress Humain (CÉSH), Reconnaître son stress, tel que vu le 21 Septembre 2017

Centre d’Étude sur le Stress Humain (CÉSH), Étape du stress chronique, tel que vu le 21 Septembre 2017

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