Des erreurs dans les tableaux de valeurs nutritives : difficile d’être 100% juste!

Le tableau de valeurs nutritives, vous l’avez déjà vu plusieurs fois sur vos produits alimentaires. Il est là pour vous donner les informations pertinentes quant à la composition/qualité. Mais, est-ce qu’il est 100% fiable? La réponse… Non.

Il existe différentes méthodes pour arriver à confectionner ce tableau. Les analyses en laboratoire nous permettent d’avoir des données plutôt justes, mais pratiquement seules les entreprises (multi)nationales peuvent se permettre de faire de telles dépenses… cette façon de faire est très dispendieuse. Étant donné que ce n’est pas toutes les compagnies qui ont les moyens financiers, certaines utiliseront des logiciels pour calculer les valeurs nutritives selon les ingrédients utilisés et leur quantité. Par exemple, Alimentèque est l’un de ces programmes informatiques, il se base principalement sur trois banques de données de pays différents (Canada, USA, France) pour établir les chiffres. Chacune d’entre elles a fait des moyennes avec les données d’un même aliment. Pourquoi des moyennes? Il existe plusieurs facteurs qui peuvent influencer les valeurs nutritives d’un même type d’aliment (ex: un céleri) : son environnement dans lequel il a été cultivé et tout le processus avant d’arriver sur les tablettes d’épicerie (le temps, la température environnante, la lumière, la qualité de l’air, le taux d’humidité, les microorganismes, etc.). Donc, un céleri qui aurait eu la vie difficile avant d’arriver sur les tablettes serait probablement moins intéressant d’un point de vue nutritionnel qu’un autre venant d’être fraichement cueilli chez votre agriculteur préféré du coin. La dernière alternative pour faire ce tableau, c’est de se fier à la base de données canadienne ( FCEN : Fichier Canadien sur les Éléments Nutritifs) et de calculer soi-même, ce qui peut être très long… et on salue la possibilité des erreurs de calcul au passage! Le FCEN est l’outil de référence pour tous les professionnels en nutrition (nutritionniste, technicienne en diététique). Coup de théâtre : il y a aussi des erreurs de retranscription (ou de nature informatique) dans cette base de données, et ce n’est pas si rare…  FCEN reconnait qu’il peut y avoir des coquilles, elle suggère même de les contacter si on en découvre! Le gros hic, l’erreur se répète via les individus/compagnies qui l’utilisent.

Enfin, les tableaux sont créés selon les règlements de l’étiquetage nutritionnel, mis en place par le gouvernement. Ces obligations amènent parfois à faire des arrondissements de chiffre (à la hausse, ou vers le bas), entre autres, pour différentes catégories du tableau de valeurs nutritives.

En bref :

  • les valeurs nutritives de deux aliments identiques (ex: 2 céleri) peuvent être différents pour différentes raisons
  • les chiffres se trouvant dans les bases de données gouvernementales sont créés avec des moyennes (voir le point précédent 😉 )
  • ces mêmes informations peuvent aussi être sujettes aux erreurs (retranscription, informatique, etc.), donc être inexactes
  • les valeurs nutritives peuvent être arrondies selon les règlements gouvernementaux quant à l’étiquetage nutritionnel

Tu veux des exemples d’erreurs dans le Fichier Canadien sur les Éléments Nutritifs? Le Nutritionniste Urbain (Bernard Lavallé) en discute dans son article juste ici! Julie DesGroseilliers Dtp en aurait trouvé possiblement un autre dernièrement : le fromage suisse/emmental ne serait pas aussi faible en sodium qu’on le croit!

– Merci spécial à Josiane Plante, technicienne en diététique pour son support à cet article