«Es-tu une nutritionniste-diététiste?»

Il m’arrive régulièrement de me faire demander : «Es-tu une nutritionniste-diététiste?». La réponse est… non. Toutefois, dans différents milieux (surtout hospitalier), la technologue en nutrition -aussi appelée Technicienne en diététique- travaille étroitement avec la nutritionniste en ce qui concerne l’alimentation des patients.

Pour vulgariser nos rôles, je compare souvent à l’infirmière et au médecin. Le médecin va prescrire un traitement que l’infirmière va appliquer; la nutritionniste va établir un plan de traitement nutritionnel à un patient que la technologue en nutrition va appliquer. Bien que l’infirmière et la technologue ait une bonne connaissance de certaines maladies et de conditions de santé, elles n’ont pas toutes les compétences d’un médecin ou d’une nutritionniste pour pouvoir “prescrire” des traitements.

Petite note (ajout le 12 Septembre 2017) concernant la fonction des nutritionnistes et des technologues en nutrition dans un service alimentaire, à l’intention des étudiants ou futurs étudiants en diététique désireux de faire carrière en gestion : il est possible de gérer pratiquement toutes (pour ne pas dire “Toutes”) les activités d’un service alimentaire avec un DEC en diététique. D’un milieu à un autre, vous pourriez avoir davantage de responsabilités ou moindre. Ce que vous devez retenir, c’est qu’il n’est pas “obligatoire” ni essentiel d’avoir un BAC en Nutrition pour être gestionnaire en milieu hospitalier. Si une organisation demande le BAC, c’est à leur discrétion et non une “obligation formelle”.

Là, je vous entends dire «Ouain… ok, mais c’est quoi alors une naturopathe, une nutrithérapeute, une coach en nutrition, une […]» 😵 Ouais, effectivement, il y a pluuuuuuusieurs titres mais qui ne s’équivalent pas du tout en termes de connaissances scientifiques en nutrition. Je vous laisse une seconde image (Source: Moi d’abord) qui décrit bien leurs différences, cliquez sur celle-ci pour l’agrandir au besoin.

Soyez toujours vigilant à qui vous vous adresser en ce qui concerne votre santé. Vous ne voudriez certainement pas laisser votre voiture entre les mains d’un inconnu qui dit “bien connaître les chars” pour faire des évaluations annuelles, des traitements et des réparations de toutes sortes, etc. Alors, pourquoi le faire avec votre corps, votre santé? Informez-vous sur leurs titres et validez-les, pour votre bien.

Distinguer le Vrai du Faux (partie 1)

Il n’est pas toujours facile de faire la part des choses sur ce qu’on lit sur internet, ce que l’on entend à la télévision ou à la radio, ou encore ce que notre tante à la réunion de famille nous rapporte sur son expérience de vie. Même les études scientifiques semblent se contredire parfois sur un même sujet. Alors… Qui croire?

Concernant la science, il faut se le dire : nous sommes toujours dans une zone grise. Personne ne détient la vérité absolue, même le meilleur des scientifiques. Un discours scientifique laissera toujours une impression qu’il y a encore des doutes. Pourquoi? Parce que les conclusions/résultats d’une étude viennent toujours selon un contexte donné; dans un autre contexte, peut-être que les résultats seraient différents.

Plusieurs facteurs peuvent affecter la crédibilité d’une étude, donc ses résultats :

  • Si l’étude a été faite sur des animaux, on ne peut jamais conclure que ce sera la même conclusion chez les humains
  • Le nombre de participants à l’étude n’est pas assez grand pour diminuer le risque d’erreurs
  • L’étude n’a pas été faite sur une période raisonnable (plus la période est longue, mieux c’est) pour évaluer les bénéfices ou les risques d’un élément sur la santé
  • Il serait difficile de justifier et comparer les résultats d’une étude s’il n’y a pas eu un groupe témoin c.a.d. un groupe d’individus qui n’ont pas reçu le même traitement que celui évalué
  • L’ethnicité des participants et même l’endroit géographique peuvent avoir une incidence sur les résultats obtenus. Si on fait l’étude à un autre endroit et/ou avec des personnes d’origine ethnique différente, les résultats peuvent varier
  • La méthodologie – la manière dont l’étude a été faite, la manière que les résultats ont été recueillis peuvent affecter entièrement la crédibilité de l’étude
  • Une seule étude qui présente un certain type de résultat n’est pas crédible à elle seule pour arriver à des conclusions : il doit y avoir d’autres études crédibles qui appuient les mêmes conclusions
  • Parfois, la source de financement des études peut entrainer des erreurs dans les résultats, il faut donc être vigilant sur les facteurs mentionnés plus haut. Les résultats peuvent être influencés par ceux qui finance l’étude, malheureusement

Une personne sérieuse et soucieuse de l’information qu’elle donne aura toujours un discours du genre “Jusqu’à maintenant, c’est ce qu’on sait, c’est ce que les études tendent à démontrer, etc.” et elle parlera souvent au conditionnel, par exemple «Une restriction calorique entrainerait une perte de poids». Quelqu’un qui discute comme si elle détenait la vérité absolue, vaut mieux s’en méfier…

«La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous parait évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter» – Aldous Huxley


Référence :
NADEAU Geneviève, À l’épicerie sans stress, Éditions La Semaine, 2014, 243 p.